mardi 17 avril 2018

Marc Daniau, l'éléphant qui crée des liens entre des traces

Marc Daniau est auteur et illustrateur pour la jeunesse. Nous avons exploré un petit peu les mots qu'ils nous avait envoyé pour se décrire. L'occasion de découvrir un homme sensible et lié à la nature.

Marc Daniau


Podcast de l'émission



Portrait en 10 mots




Main
“C’est un beau mot. J’aime bien faire des choses avec mes mains, comme dessiner. Je crois que les mains, ça définit pas mal de choses chez les gens, et la manière dont ils s’en servent aussi.”


Pieds
“J’aime bien marcher, j’aime bien courir.”


Éléphant

Marc Daniau s’est longtemps identifié à Dumbo, à cause de ses grandes oreilles. C’est le deuxième film qu’il se souvient avoir vu, après Bambi, qui l’avait beaucoup attristé (“c’est quand même horrible, quand sa maman meurt, ce pauvre petit Bambi”). Un souvenir cinématographique qui laisse des traces. Récemment, il s’est rendu dans une réserve africaine où il a pu observer de près des éléphants et cette rencontre qu’il qualifie de “magique” semble le fasciner.


Éléphant, ça nous fait aussi penser aux éditions des éléphants où il a récemment publié un superbe album.
Marc Daniau, Ruby Tête haute, éd. des éléphants



Ruby Tête haute, les éditions des Eléphants, IRÈNE COHEN-JANCA, MARC DANIAU

Dans la Lousianne des années 60, les noirs et les blancs ne se mélangent pas. Ruby Bridge, une petite fille va dans une école très loin de chez elle, un école réservée aux noirs. Mais les droits changent et évoluent et les enfants noirs peuvent désormais intégrer les écoles de blancs, sous réserve de réussir un examen très dur (6 enfants sur 130 obtiennent cet examen la première année). Ruby le réussi et intègre une nouvelle école où elle sera la seule enfant noire. Mais la population s’indigne et les parents retirent leurs enfants de l’école ou les empêchent d’être dans la même classe. Une institutrice acceptera de donner des cours à Ruby et la fillette sera seule dans sa classe pendant toute l’année. 


Horizon

“Un : c’est un beau mot ; deux : on en a besoin.”

Caresse

“C’est un rapport au monde, on peut caresser les animaux, les plantes, les arbres, les rochers… C’est un langage. 
Marc Daniau, Je suis le chien qui court, éd. Seuil Jeunesse


Vertiges

“Au départ, j’avais le vertige et c’est une sensation désagréable, de panique, et que petit à petit, j’ai réussi à apprivoiser”. Marc nous rassure, il n’aura pas le vertige dans nos montagnes cévenoles, il a d’ailleurs l’habitude de s’y balader.


Traces et liens
“Deux mots qui ont beaucoup à voir avec mon travail”

Marc Daniau, S, "L'Abécédaire", éd. L'édune

“Depuis tout petit, dès que je vois des traces du passé, j’essaie de les décrypter ou des les comprendre. Je crois que j’ai envie de laisser des traces aussi à mon tour. Je suis toujours ému par les traces, les traces des gens, les traces des animaux, les traces sur les écorces des arbres, sur les rochers, c’est quelque chose qui me parle. Et je fais des liens entre des traces.”

"Les liens qu’on créé… Tout existe et le travail de création c’est de faire des liens qui n’existent pas entre des choses qui existent. J’occupe mon temps à ça."


Zyeux

“Avec un Z... C’est parce que je ne suis pas très bon en orthographe."
Marc Daniau, inédit

Le regard est très important pour cet illustrateur, c’est pas là que passe son rapport au monde. Mais pour lui le regard n’est pas seulement visuel et les échanges se font “au delà de la vision”.


Bibliographie (non exhaustive) :
Comme un géant, Marc Daniau & Yvan
Duque, Thierry Magnier, octobre 2017
Ruby tête haute, Irène Cohen-Janca & Marc Daniau, Ed. des Éléphants, 2017
Je suis le chien qui court, Marc Daniau, Seuil Jeunesse 2013
Tous à Poil !, Claire Franek, Marc Daniau, Le Rouergue, 2011
Neuf couleurs de peur, Annie Agopian & Marc Daniau. Éditions l’édune, 2010
La lettre S, Marc Daniau. Éditions l’édune, collection L’abécédaire, 2008
Raspoutine, Guillaume Guéraud & Marc Daniau. Le Rouergue, 2008
L’Arbre, Marc Daniau. Seuil Jeunesse, 2007
Naftali, le conteur et son cheval Sus et autres contes, Isaac Bashevis Singer & Marc Daniau. Seuil jeunesse, 2007
Les trois souhaits, Bernard Chèze & Marc Daniau. Seuil jeunesse, 2007
Le cri des bêtes, Virginie Aladjidi et Caroline Pellissier & Marc Daniau. Éditions Thierry Magnier, 2005
Contes de Lithuanie, O.v. De Milosz & Marc Daniau. Seuil jeunesse, 2005
Pépé Biaï et l’île au cheval, Martine Laffon & Marc Daniau. Seuil jeunesse, 2004
La Confiture aux cochons, Marc Daniau. Éditions Thierry Magnier, 2003
Les mille oiseaux de Sadako, Eleanor Coerr & Marc Daniau. Milan, 2003
Coquin Colin, Marc Daniau & Ronan Badel. Éditions Thierry Magnier, 2002
Contes d’Europe, Henri Gougaud & Marc Daniau. Seuil jeunesse, 2002
Un boeuf de Chine, Jules Supervielle & Marc Daniau. Rue du Monde, 2002
À pas de louve, Jo Hoestlandt & Marc Daniau. Milan, 2001
Contes d’Afrique, Henri Gougaud & Marc Daniau. Seuil jeunesse, 2000
L’héritier du désert, É. Brisou-Pellen & Marc Daniau. Hachette jeunesse, 2000
Mawati l’enfant du désert, Muriel Carminati & Marc Daniau. Seuil jeunesse, 2000
Le Derviche et le marchand, Jihad Darwiche & Marc Daniau. Albin Michel, 1999
Devine qui vient tuer ?, Anthony Horowitz & Marc Daniau. Hachette jeunesse, 1997
Le Voleur de famille, Patrick Mosconi & Marc Daniau. Casterman, 1997

Marc Daniau, Tous à Poil

jeudi 29 mars 2018

Sophie Vissière, l'obstinée minutieuse

Aux éclats de lire, nous adorons Le potager d'Alena de Sophie Vissière ! Un album simple et beau, gourmand et sensé. La jeune illustratrice et auteure nous a expliqué sa technique du pochoir sur Radio Escapades.

Le potager d'Alena


Podcast de l'émission



Portrait en 10 mots




Timide
J’ai dû un peu insister pour que Sophie Vissière accepte cette interview. En effet, elle est “timide”… Si elle a choisi ce mot c’est sans doute que ce trait de caractère est lié à son “choix de faire des livres”. Elle peut ainsi communiquer autrement. Le papier, les formes et les mots qu’elle y pose sont pour elle un nouveau langage où le frein de la timidité se fait plus discret.

Minutieuse
Ce mot renvoie à la technique d’illustration utilisée par l’artiste : le pochoir. Une technique lente et fastidieuse puisque Sophie Vissière construit dans un premier temps ses dessins au crayon avant de fabriquer des pochoirs dans du plastique transparent.
“La minutie, c’est au niveau de la découpe, ça doit faire presque de la dentelle.”
Le potager d'Alena


Patiente 
Une technique qui “demande beaucoup de temps de préparation en amont, le temps de fabriquer tous les pochoirs. Il faut vraiment que je garde du courage car je ne peux voir le résultat qu’au bout d’un très long moment… C’est un moment un peu magique lorsque l’image apparaît.”

Las aventuras de Rainard e Isengrin


Obstinée
“Si je n’étais pas obstinée, je n’aurais pas eu le courage de me lancer dans des livres entièrement faits au pochoir.” Elle a d’ailleurs longtemps attendu avant d'expérimenter cette technique, essayant diverses solutions intermédiaires.

Fabrication
C’est un plaisir, chez cette artiste, de collaborer avec ses éditeurs à la conception de ses livres. Le choix du papier compte pour elle. Avec son tout dernier album, paru chez Hélium, Pour Andrée, Sophie Vissière a pu concevoir, en étroite collaboration avec eux, la jaquette qui couvre le livre.




L’ourse Andrée est confortablement installée dans son fauteuil lorsqu’elle voit atterrir un avion en papier par la fenêtre du salon, avec un mystérieux message : Pour Andrée. Rendez-vous au parc, samedi à 15 heures.

Ce samedi-là, tôt le matin, le singe Marcel passe chercher un à un ses amis. Les heures s’égrènent. De maison en maison, de magasin en magasin, de personnage en personnage, le récit se construit et les amis s’activent pour préparer une fête pour Andrée ! Un album exquis avec une jaquette-papier cadeau, qui célèbre l’amitié !



Rêveuse
Une qualité importante dans cette technique du pochoir. En effet, cette longue période de découpe ne lui demande pas de réflexion car elle a été menée en amont. Elle a donc “un temps de médiation qui [lui] permet de soit [se] projeter dans cette image là, soit de penser à de nouveaux projets”. Ce sont des moments de rêvasseries.

Nature, Observation, Dégustation
“Je crois que c’est le moment de parler du Potager d’Alena ?”

Certainement puisque dans ce premier livre que Sophie Vissière a écrit et illustré, ces trois mots sont liés.

Avec une belle alternance de plans larges et de plans rapprochés, une petite fille découvre le travail de la terre. Tous les jours, pour se rendre à l’école, elle longe un champ et observe son évolution au fil des saisons (plans larges). En parallèle, on voit Alena, la maraîchère, travailler le champ (plans rapprochés). L’album se termine par une visite au marché où la petite fille fait le lien entre la terre cultivée et les légumes qu’elle mange.


Bibliographie (non exhaustive) :

Pour Andrée, éditions Hélium, 2018
Sophie Vissière, illustration de presse
Las aventuras de Rainard e Isengrin, éditions Camins, 2017
Le potager d’Alena, éditions Hélium, 2017
L’ostal dels lops, André Lagarde, Editions Letras d’òc / Camins, 2015
Le roi des corbeaux - Lo Rei dels Corbasses, 2014, Editions Letras d’òc / Camins
Le petit chaperon rouge - Lo capaironet roge, éditions Letras d’òc / Camins, 2014
Les secrets des bêtes - Les Secrèts de las Bèstias, éditions Letras d’òc, 2014


Pour Andrée

lundi 26 mars 2018

Affiche officielle !

Et voilà l'affiche officielle des Éclats de lire 2018 ! Merci à tous nos partenaires de leurs soutients pour cette 5ème édition !!


À très vite pour la programmation ... ;)

mardi 13 mars 2018

Cécile Gambini, cuisinière et musicienne

Cécile Gambini est la cuisinière rock'n'roll de la littérature jeunesse. Elle nous entraîne dans un monde de poésie discrète, celle de tous les jours, aux couleurs étincelantes, pour les beaux jours.


Podcast de l'émission

Portrait en 10 mots





Tomate
Cécile Gambini

“Très important les tomates.”

Pissaladière
“C’est la famille.”

Lasagnes

“C’est l’héritage.”


Des mots qui font penser à la cuisine, la cuisine des images, c’est la métaphore qu’utilise Cécile Gambini pour son travail.
Bagbada
“Je mets deux grammes de rouge, un gramme de tissus à rayure, un zeste de feutre.”
Sud
“Le berceau”

Mer
“Un endroit ensoleillé avec de la mer qui est presque verte.”
Des mots qui font penser à l’album Chez Mémé, aux éditions La Maison est en carton, où l’on retrouve sa maison familiale, une maison à l’italienne. Des souvenirs d’enfance qui l’ont beaucoup marqué et qui dirigent à présent son style graphique.

Chez Mémé

“Le paysage, les couleurs, les odeurs... tout a contribué à faire les images que je fais aujourd'hui.”

Un album à une page, mais une grande page, dans la collection Grandimage. Une maison colorée et vivante dont l’on voit tout l’intérieur. Cette image, demandée par La maison est en carton, Cécile Gambini l’avait déjà en tête. Elle montre “les méandres et les petites histoires qui se passent à l’intérieur de cette maison. (...) une image foisonnante avec beaucoup de petits détails car quand j’étais petite, je prenais plaisir à voir des images très fournies de micro-détails qu’on détecte dans une seconde lecture”.

Histoires
Tine : Ou les idées noires au placard
“C’est vraiment fascinant. C’est ce qui me donne envie de me lever le matin : les histoires qui vont se passer dans la journée, que je vais rencontrer, que je vais croiser… Tout est début d’histoires. C’est infini. Je n’aurai pas le temps de toutes les raconter, il n’y aura pas assez de Pavupapris, je n’aurai pas le temps de lire toutes les histoires écrites par les autres… Enfin, voilà, les histoires, c’est la vie.”

Pavupapris… Mais qu’est-ce donc ? Un aspect très important du travail de cette artiste, de cette poète. Il s’agit d’auto-édition, de livres objets, de petites curiosités. Cécile Gambini prend une histoire, de son quotidien ou de celui de son voisin, y ajoute des matières, des papiers et propose des petites œuvres d’art à tirage limité qu’elle transporte avec elle dans les salons.

Pavupapri au Salon du Livre de Montreuil


Guitare

Quand elle ne fait pas des livres, Cécile fait de la guitare.

Une guitare… il y en a justement une dans Rocky Cat !



“C’est l’histoire d’un super héros”. Un super héros, son chat.
Cécile Gambini se creusait la tête, cherchant à répondre à la commande de L’atelier du poisson soluble pour un petit livre qui se glisserait dans un étui souple. Difficile de se concentrer quand son démon de chat renverse tout dans l’atelier ! À moins que… ce ne soit ça l’idée ! Faire un livre sur un tel monstre. “C’est l’enfant roi, sous forme de chat”. Un album “approximativement bilingue” où les traductions vers l’anglais sont plus humoristiques que justes.

Rocky Cat


Chanson

Cécile Gambini chante beaucoup et pense qu’une chanson “a quelque chose d’aussi merveilleux qu’un album.”

La musicalité est très importante dans son processus d’écriture. “Je lis toujours mes textes à voix haute.”

Rire

On la sent bien blagueuse, Cécile Gambini. Dans Bagbada l’auteure-illustratrice glisse des jeux de mots dans les noms des personnages. “Il faut que ça sonne, je pense que les petits sont très sensibles à ça.”


“J’aborde l’écriture sous un côté ludique.”
Salopette
“C’est merveilleux la salopette, je pense que j’ai dû naître en salopette, c’est l’habit le plus merveilleux du monde, on peut tout faire avec, on a tout sur soi pour pouvoir dessiner, je conseille à tout le monde d’essayer la salopette.”

Bibliographie (non exhaustive) :
Au secours mémé, Le Tripode, 2016
Six saucisses à roulettes, Mickaël Escoffier. L’atelier du poisson soluble, 2014
Tine : Ou les idées noires au placard, Éditions Thierry Magnier, 2014
Bagbada, À pas de loup, 2014
Les deux cailloux, Françoise Diep. Didier Jeunesse, 2014
Bizarbres mais vrais ! Bernadette Pourquié. Coédition Plume de Carotte, 2013
Du côté de chez moi, Christine Dodos-Ungerer. Actes sud junior, 2013
Mes premières berceuses, Laurent Pradeau. Seuil Jeunesse, 2013
Olaf, le géant mélomane, Annelise Heurtier. Benjamins média, 2012
L’âne blanc, Henri Dès. Les Editions des Braques, 2012
L’enfant et les sortilèges, Maurice Ravel. Gallimard Jeunesse, 2011
Le petit chaperon rouge, Nathan, 2011
Nook sur la banquise, Chloé Gabrielli. Nathan, 2011
L’enfant du bananier, Isabelle Sauer. Didier Jeunesse, 2011
Chez Mémé avec Cécile Gambini, La maison est en carton, Grandimage, 2011
Le grand voyage de Monsieur Merlu, Seuil jeunesse, 2009
Rocky Cat, L’Atelier du Poisson soluble, 2009
Bob Robinson, Seuil jeunesse, 2005
Margherita, Albin Michel, 2002
Coeur d’Alice, texte Stéphane Servant. Rue du Monde, 2007
L’enfant et les sortilèges, une fantaisie lyrique de Maurice Ravel, d’après un livre de Colette. Gallimard, 2007
Le français est un poème qui voyage, anthologie de poésie francophone, auteur Jean-Marie Henry. Rue du monde, 2006

lundi 26 février 2018

1er Petit éclat de lecture


C'EST NOUVEAU ET C'EST POUR VOUS !


Nous sommes heureux de vous inviter à notre 1er PETIT ÉCLAT DE LECTURE
Vendredi 2 mars, Librairie Le Pouzadou, Le Vigan, 18h30

" Qui a dit que la littérature jeunesse était interdite aux plus de 18 ans ? "




Nous vous attendons avec impatience pour ce moment de partage, alors ne ratez pas le rendez-vous !

Vite à vos agendas, c'est vendredi, déjà !



dimanche 25 février 2018

Séverine Vidal : la nature et la joie

« Je ne me limite pas du tout à un type de sujet ! c'est ça que j'adore dans la littérature jeunesse, on n'a pas de frein, on peut parler de tout. »

Les mots que Séverine Vidal a choisi pour se présenter fleurent bon les vacances au soleil, les envies d’escapades et les moments entre amis. Et c’est bien ainsi que nous pourrions décrire (l’impressionnante oeuvre) de cette auteure jeunesse : lumineuse, gaie, dynamique !



Portrait en 10 mots


Franche rigolade 
« J’aime une journée où on a le temps de rigoler. Une journée sans rire ou fou rire est une journée ratée selon moi. Je crois que l’humour nous sauve de bien des situations ! »

Auto-dérision 
« J’aime beaucoup les gens qui ont de l’auto-dérision et j’aime aussi l’appliquer à moi-même. Être capable de rire de soi, je pense que c’est la base pour ne jamais se prendre au sérieux et pour se sortir de toutes les situations, en se disant que rien n’est grave. »


Sur mon fil, Séverine Vidal, Louis Thomas, Milan, 2017
Une petite fille bien mature raconte ses parents séparés, ses deux maisons, les jeux avec l’un, les confidences avec l’autre et, au milieu, le fil qu’elle se construit pour relier ces deux mondes, pour être un peu avec les deux en même temps tout en restant elle-même.
« Entre la maison de Maman et celle de Papa, il y a un monde. Un monde qui dure une semaine. »

Sur mon fil


Musique 
« J’écris toujours en musique. »
« Quand je me lance dans une écriture assez longue, je choisis une chanson ou une musique que je vais écouter en boucle pendant toute l’écriture. (...) Je ne peux pas commencer à écrire mon roman si je n’ai pas trouvé la chanson qui va m’accompagner et me porter. »

Île 
« Ce que j’aime dans les îles c’est que l’île nous offre ce qu’elle a à nous offrir et pas plus. Par exemple, quand on va en vacances là bas, il y a un certain nombre de magasins, il n’y en a pas beaucoup, et on va devoir faire avec. C’est très reposant, on n’a pas de question à se poser. Si le film proposé au seul cinéma de l’île ne nous convient pas, on va faire autre chose, on ne va pas courir après les activités, on va se contenter de ce que l’île a à nous offrir. »


La drôle d’évasion, Séverine Vidal, collection « Pépix », Sarbacane, 2014
Le récit très drôle d’un garçon qui suit les traces des trois célèbres évadés de la prison d’Alcatraz. L’écriture y est vivante. Le héros interpelle le lecteur, les typographies mouvantes participent à la trame narrative, des bonus inter-chapitres apportent de l’humour ou des précisions historiques ainsi que les illustrations qui proposent aussi des pauses à la lecture. Un roman pour les jeunes collégiens mais accessible dès 8 ans !

Pour info : Séverine Vidal écoutait Vampire Weekend en écrivant ce roman !





Colline et Forêt 
« J’habite dans un endroit qui s'appelle Les Collines. J’y vis depuis 18 mois. On est tombé amoureux de notre maison et de notre jardin. On a tout quitté. On vivait en région parisienne, on a vendu notre maison, mon mari a quitté son travail et on a embarqué tout la famille aux Collines. C’est un grand jardin avec un bout de forêt. On est au bout du monde et on est très bien. C’est un endroit un peu magique. »


16 nuances de première fois, collectif, éditions Eyrolles, 2017
Séverine Vidal et Manu Causse, également auteur jeunesse, font le constat que les ados ont très facilement accès à une vision du sexe erronée, sur Internet. Ils souhaitent présenter une autre vision de l’amour et de la première fois. Séverine Vidal et Manu Causse demandent alors à 16 auteurs jeunesses de raconter, chacun à sa manière, la première fois. Le recueil, publié chez Eyrolles, propose un panel très varié de nouvelles allant du conte traditionnel à l’invasion de zombie. Certaines sont très drôles, d’autres dramatiques et de nombreux thèmes sont abordés : la pornographie, l'homosexualité, le consentement…


Mimosa 
« Depuis que je suis toute petite, mon père, pour mon anniversaire qui est en décembre, m’a toujours offert un bouquet de mimosa. Cette odeur me rappelle les noëls de mon enfance, ainsi que mon père. C’est mon odeur préférée au monde. »




Nos cœurs tordus, Séverine Vidal, Manu Causse, Bayard, 2017
Nos cœurs tordus était à l’origine Un cœur en équilibre, paru dans la revue Je Bouquine. Les éditions Bayard ont demandé à l’auteure une parution en livre de cette histoire. Il fallait donc ajouter de la matière au texte et pour se faire, Séverine Vidal a appelé Manu Causse qui a offert sa plume et une voix aux personnages secondaires. Le roman devient donc chorale et multiplie les points de vue. D’abord, il y a Vlad, un adolescent handicapé terriblement attachant, passionné de cinéma, amoureux, drôle et fort en coup de gueule. Puis il y a ses amis de la classe ULIS (unités localisées pour l'inclusion scolaire) handicapé ou non : Saïd, rejeté du système scolaire qui se défoule dans le sport ; Mathilde, très complexé par son fauteuil roulant et débordant de colère mais qui va s'affranchir grâce au théâtre ; les jumelles Théa et Charlie qui inventent leur langage à elles ; et la jolie Lou, drôle, indépendante, dont Vlad tombe rapidement amoureux. Enfin, le proviseur-adjoint, Flachard, qui fuit la réalité en regardant des séries et dont le discours et le regard sur ces jeunes handicapés, d’abord maladroit, va évoluer.




Oiseaux, Chien, Chats 
« Je ne pouvais pas choisir, c’est impossible. On vit dans un endroit où on a beaucoup d’animaux. On sert de refuge de LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux) donc a beaucoup d’oiseaux. On a un chien et trois chats… Je ne pouvais pas en choisir un, ça aurait été trop triste pour les autres. J’écris un chapitre ou deux et puis je vais faire une grande balade. On a des chats-chien qui se promènent avec nous. Le chien et les trois chats viennent en balade avec nous. Les oiseaux, pas encore (rires). »

Bibliographie (non exhaustive) :

ROMANS
Philo mène la danse, Talents Hauts, 2010 (réédité en 2015 avec des illustrations de Mayana Itoïz)
Plus jamais petite, Oskar éditions, 2010
Lâcher sa main, Grasset, Lampe de poche ado, 2011
Comme une plume, Oskar éditions, 2011
Série Roulette Russe, avec Anne-Gaëlle Balpe et Sandrine Beau, Oskar éditions, 2011 :
Noël en juillet, 2011
Rouge bitume, 2012,
Fées d’hiver, 2013
Les petites marées, Oskar éditions, 2012
La meilleure nuit de tous les temps, éditions du Rouergue, 2012
Série La tribu, avec Anne-Gaëlle Balpe et Sandrine Beau, Frimousse, 2013 :
La tribu trouve ça louche, 2013
Sale temps pour la tribu, illustré par Jess Pauwels, 2014
La Tribu prend le large, 2015
On veut un chien, illustré par Henri Fellner, Bayard, 2014
La drôle d’évasion, illustré par Marion Puech, coll. Pépix, Sarbacane, 2014
Il était deux fois dans l’ouest, illustré par Anne-Lise Combeaud, Sarbacane Pépix, 2015
Quelqu’un qu’on aime, Sarbacane Exprim’, 2015
La Drôle d’expédition, Sarbacane Pépix, 2015
Tiago, baby sitter des animaux (5 tomes) dessins L. Audouin, Magnard Jeunesse, 2016
Le jour où j’ai trouvé un trésor, illustré par Vincent Sorel, Auzou, 2016
Nos cœurs tordus, co-écrit avec Manu Causse, Bayard, 2017
(...)
8/15
ALBUMS
J’attends Mamy, illustré par Cécile Vangout, Alice Jeunesse, 2011
Mamythologie, illustré par Lionel Larchevêque, Frimousse, 2011
Prune, série illustrée par Kris Di Giacomo, Frimousse, 2011 :
La grosse rumeur, 2011
Le fils de la nouvelle fiancée de Papa, 2011
Prune et la colo d’enfer, 2012
Prune cherche son style, 2012
Prune et l’argent de poche, 2013
Prune 100 % bio, 2014
Je n’irai pas, illustré par Cécile Vangout, Frimousse, 2011
Léontine, princesse en salopette, illustré par Soufie, Les p’tits bérets, 2011
Rien qu’une fois, illustré par Csil, éditions Winioux, 2012
5h22, illustré par Estelle Billon-Spagnol, Frimousse, 2012
Clovis et le pain d’épices, illustré par Anne Hemstege, Feuilles de menthe, 2012
La grande collection, illustré par Delphine Vaute, Philomèle, 2012
Mon père est un zarzouilleur, illustré par Eléonore Thuillier, Les P’tits Bérets, 2012
Anton et Lotti, illustré par Amandine Meyer, Feuilles de menthe, 2012
Le laboureur des nuages et autres petits métiers, illustré par Flambi, Frimousse, 2012
Petit minus, illustré par Cécile Vangout, L’élan vert, 2013
Au pays des vents si chauds, illustré par Bruno Pilorget, L’élan vert, 2013
Bad Lino, illustré par Estelle Billon-Spagnol, L’élan vert, 2013
Billie du Bayou, illustré par Ronan Badel, L’élan vert, 2013
SOS Garp en détresse, 2013
Le banjo de Will, 2013
Mon secret rit tout le temps, illustré par Vanessa Hié, Kilowatt, 2013
Le petit dodophobe en 27 leçons, illustré par Lynda Corazza, Frimousse, 2013
Noël à l’endroit, avec Anne-Gaëlle Balpe, illustré par Marion Arbona, Philomèle, 2013
55 oiseaux, illustré par Csil, Winioux, 2013
Les Méga-Bêtes, illustré par Barroux, Mango, 2014 :
Méga-Loup, 2014
Méga-Souris, 2014
Méga-Lapin, 2014
Méga-Cochon, 2014
J’aime mes cauchemars, illustré par Amélie Graux, Gallimard, 2014
Huit saisons et des poussières, illustré par Anne Montel, Les p’tits bérets, 2014
Les Bruits chez qui j’habite, illustré par Claire Cantais, L’Édune, 2014
Tess, il est où Blonk, illustré par Loïc Méhée, Frimousse, 2014
Gamine et son roi, illustré par Claire Le Meil, Sarbacane, 2015
Ma tête ailleurs, illustré par Pauline Comis, Kilowatt, 2015
La Grande aventure de Manolo, illustré par L. Larchevêque (Magnard), 2016
Au secours, l’école a disparu !, Magnard (dessins L. Audouin), 2016
June et Jo, illustré par A. Graux. Gallimard. Tome 1, Les souvenirs. Tome 2, Le rire des oursins. 2016
Un pas puis mille, La Pastèque, illustré par Julien Castanié, 2016
Je veux un grand frère, ill. T. Bédouet, Milan, 2017
Sur mon fil, ill. Louis Thomas, Milan, 2017
COLLECTIF
On n’a rien vu venir, collectif, préfacé par Stéphane Hessel, Roman, Alice, 2012
16 Nuances de premières fois, Eyrolles, 2017

mardi 6 février 2018

Marcus Malte, le romancier au cœur de l'humain

« Tous les domaines de l'écriture m'intéressent. Je ne me contente pas d'un seul genre... Tant que c'est de l'écriture, tant que c'est de la création, ça m'intéresse. »

Marcus Malte est bien connu dans le vaste monde de la littérature pour adultes pour ses romans noirs et autres polars. Les Harmoniques, en Série noire chez Gallimard, qu'il décline depuis quatre ans sous forme de concert littéraire, nous intéressent particulièrement, aux Éclats de lire, puisque nous les présenterons lors de notre fête du livre ! 
Il nous parle de ce roman, sur les ondes de Radio Escapades, il nous parle de ce spectacle, mais il nous parle aussi de littérature jeunesse et de ses processus d’écriture.

Podcast de l'émission

Portrait en 10 mots



Romancier
Romancier, car son leitmotiv est la fiction. Il lui arrive de répondre à des commandes d'éditeurs mais lui les considère comme des « propositions », « des pistes auxquelles on n'aurait pas pensé tout seul, qui permettent d'explorer des voix nouvelles. »



Persévérance 
« Ecrire c'est quelque chose de très difficile, ce n'est pas naturel, c'est quelque chose qui se travaille, qui demande beaucoup de temps, d'énergie, de réflexions... » 
Le processus d'écriture demande donc de la persévérance mais également la recherche d'éditeur et la promotion du livre... « c'est presque de l'obstination, plus que de la persévérance. »

Mer
« La mer fait partie de mon décor depuis que je suis né. » 

« J'imagine que si j'avais vécu dans un autre décor, un autre endroit, les influences n'auraient pas été tout à fait les mêmes. »



Musique
« La musique c'est essentiel. »
La musique fait partie de sa vie et de son œuvre. Les Harmoniques sont une balade et une ballade dans Paris où le jazz a autant d'importance que les personnages, l'enquête, ou les réminiscences de la guerre en Tchécoslovaquie. Son adaptation en concert littéraire a demandé un grand travail de sélection d'extraits : « j'ai essayé de choisir des passages qui permettaient de montrer différentes atmosphères, différentes ambiances. D'avoir en même temps un fil rouge ; qu'il y ait une sorte de trame en arrière-plan qui permette de comprendre le propos. J'ai aussi choisi en fonction de ce qui s'harmonisent le mieux avec la musique. »
« La musique c'est essentiel dans la manière même dont j'écris. Je dis souvent que j'ai une écriture qui se rapproche plus de la composition musicale. J'ai besoin de ça pour me lancer dans un texte. J'ai d'abord une recherche de tons, de sonorités, de rythme... »


Café et chocolat noir 
« Il y a une certaine imagerie du romancier de polar avec la bouteille de whisky et la cigarette... » 
Mais pour Marcus Malte, le rituel d'écriture c'est davantage café et chocolat.

Mots
« Ce sont mes outils principaux. Le musicien a les notes et j'ai les mots. J'essaie de les utiliser comme des notes, avec leur sens et avec leur son. »


Beauté 
« J'ai la prétention, l'ambition, d'essayer de créer de la beauté. Créer une œuvre d'art. » 
De la même manière que l'on reçoit une émotion en écoutant une musique ou en regardant un tableau, le romancier aimerait « faire vibrer » ses lecteurs.

Nostalgie et persévérance
La nostalgie et la persévérance seraient mentionnées dans le thème astral de Marcus Malte. Bien qu'il ne semble pas être un adepte de l'astrologie, il reconnaît que ces mots correspondent à son caractère et à ses textes.
« L'humain, c'est ce qui contient tous les autres mots. »
Ses romans parlent de l'homme, de l'humain.
« Ce qu'il peut faire de beau, de magnifique comme ce qu'il peut faire de terrible et d'atroce, ce qu'il peut subir aussi. L'homme est au premier plan de ce que j'écris. C'est un terreau assez riche. »

« Qu’il écrive pour les adultes ou pour les plus jeunes, Marcus Malte mérite de figurer dans le carré d’as des stylistes français. »

Claude Mesplède, Le Magazine littéraire

Bibliographie (non exhaustive) :


ROMANS

Le garçon, Zulma, 2016
Far West, In8, 2016
Fannie et Freddie, Zulma, 2014
Cannisses, In8, 2012
Mortes saisons (photos Cyrille Derouineau), Le Bec en l’air, 2012
Les harmoniques, Gallimard Série noire, 2011, Gallimard Folio Policier, 2013
La part des chiens, Zulma 2003, Gallimard Folio Policier, 2008
Poser ma besace à Besac, Aréopage, 2008
Toute la nuit devant nous, Zulma, 2008
Garden of love, Zulma, 2007, Gallimard Folio Policier, 2010
Intérieur nord, Zulma, 2005
Mon frère est parti ce matin…, Zulma, 2003, Gallimard Folio 2 €, 2012
Et tous les autres crèveront, Zulma, 2001
Le vrai con maltais, Baleine/Le Poulpe, 1999

ROMANS JEUNESSE

Appelle-moi Charlie, Sarbacane, 2011
Mon vaisseau te mènera jeudi sur un nuage, Syros, 2011
Scarrels, Syros, 2008, 2017, Syros poche, 2010
L’échelle de Glasgow, Syros, 2007
Il va venir, Syros, 2005
Cent jours avec Antoine et Toine, Seuil Jeunesse, 2000


ALBUMS ILLUSTRÉS

Tu seras ma princesse (ill. : Régis Lejonc), Sarbacane, 2017
Sous ma couverture vit une souris (ill. : Aurélie Guillerey), Sarbacane, 2014
Sous ma couverture vit un kangourou (ill. : Aurélie Guillerey), Sarbacane, 2013
Sous ma couverture vit une tortue (ill. : Aurélie Guillerey), Sarbacane, 2012
Sous ma couverture vit un ours blanc (ill. : Aurélie Guillerey), Sarbacane, 2012
La chanson de Richard Strauss (ill. : Alexandra Huard), Sarbacane, 2012
Le chapeau (ill. : Rémi Saillard), Syros, 2006


NOUVELLES (recueils collectifs)
Max Vegas / Collectif « Brèves de noir », Points Seuil, 2014
Les Cow-boys / Les petits polars du Monde, 2014
Je n’étais pas parti pour rester / Couleurs Cactus, 2013
Tamara, suite et fin / Collectif « Femmes en colère », In8, 2013
Ceci sera de l’art / Collectif « Les mystères de la Capitale », Le Bec en l’air, 2013
Les Indiens / Les petits polars du Monde, 2012
Daniel / Collectif « Les hommes en noir », Les contrebandiers, 2011
Ouvrez la cage / Collectif « Paris jour », Parigramme, 2011
Maestros y mozos / Collectif « Le frère de Pérez », Au Diable Vauvert, 2010
Zeer daarlijk voeders / Collectif « Ostende au bout de l’est », Le bec en l’air, 2009
Inoxydable / Collectif « RDV au pied de la statue », Terre de brume, 2007
La petite fille aux amulettes / Collectif « Bloody Birthday », Elb, 2007
Nina au pays des merveilles / Collectif « Petites agonies urbaines », Le bec en l’air, 2006
Des noms de fleurs / Collectif « Bleu, blanc, sang », Fleuve Noir, 2002
Le père à Francis / Collectif « Marseille, du noir dans le jaune », Autrement, 2001
Ça part du ventre / Collectif « Les 7 familles du polar », Baleine, 2000
La montée des eaux / Collectif « Ligne noire », Journal Libération, 1999
Novembre 2999 / Collectif « Agenda du Polar », Stylus, 1999
Les heures les plus sombres de ma vie / Collectif, DAL, 1998
Les étourneaux / Collectif « Douze et amères », Fleuve Noir, 1997


BANDES DESSINÉES

Les nuits de Saturne (dessins Pierre-Henry Gomont), Sarbacane, 2015
Il est mort le poète (dessins Vincent Gravé), Les enfants rouges, 2014
Le vrai con maltais (dessins Jampur Fraize), 6 pieds sous terre, 2002


PIÈCES RADIOPHONIQUES

Les cerises et les roses, France Culture, 2017
Il va revenir, France Culture, 2017
Les cow-boys, France Culture, 2014
Aimiez-vous Georges Brahms ?, France Culture, 2012
Les harmoniques, France Culture, 2011