mardi 6 février 2018

Marcus Malte, le romancier au cœur de l'humain

« Tous les domaines de l'écriture m'intéressent. Je ne me contente pas d'un seul genre... Tant que c'est de l'écriture, tant que c'est de la création, ça m'intéresse. »

Marcus Malte est bien connu dans le vaste monde de la littérature pour adultes pour ses romans noirs et autres polars. Les Harmoniques, en Série noire chez Gallimard, qu'il décline depuis quatre ans sous forme de concert littéraire, nous intéressent particulièrement, aux Éclats de lire, puisque nous les présenterons lors de notre fête du livre ! 
Il nous parle de ce roman, sur les ondes de Radio Escapades, il nous parle de ce spectacle, mais il nous parle aussi de littérature jeunesse et de ses processus d’écriture.

Podcast de l'émission

Portrait en 10 mots



Romancier
Romancier, car son leitmotiv est la fiction. Il lui arrive de répondre à des commandes d'éditeurs mais lui les considère comme des « propositions », « des pistes auxquelles on n'aurait pas pensé tout seul, qui permettent d'explorer des voix nouvelles. »



Persévérance 
« Ecrire c'est quelque chose de très difficile, ce n'est pas naturel, c'est quelque chose qui se travaille, qui demande beaucoup de temps, d'énergie, de réflexions... » 
Le processus d'écriture demande donc de la persévérance mais également la recherche d'éditeur et la promotion du livre... « c'est presque de l'obstination, plus que de la persévérance. »

Mer
« La mer fait partie de mon décor depuis que je suis né. » 

« J'imagine que si j'avais vécu dans un autre décor, un autre endroit, les influences n'auraient pas été tout à fait les mêmes. »



Musique
« La musique c'est essentiel. »
La musique fait partie de sa vie et de son œuvre. Les Harmoniques sont une balade et une ballade dans Paris où le jazz a autant d'importance que les personnages, l'enquête, ou les réminiscences de la guerre en Tchécoslovaquie. Son adaptation en concert littéraire a demandé un grand travail de sélection d'extraits : « j'ai essayé de choisir des passages qui permettaient de montrer différentes atmosphères, différentes ambiances. D'avoir en même temps un fil rouge ; qu'il y ait une sorte de trame en arrière-plan qui permette de comprendre le propos. J'ai aussi choisi en fonction de ce qui s'harmonisent le mieux avec la musique. »
« La musique c'est essentiel dans la manière même dont j'écris. Je dis souvent que j'ai une écriture qui se rapproche plus de la composition musicale. J'ai besoin de ça pour me lancer dans un texte. J'ai d'abord une recherche de tons, de sonorités, de rythme... »


Café et chocolat noir 
« Il y a une certaine imagerie du romancier de polar avec la bouteille de whisky et la cigarette... » 
Mais pour Marcus Malte, le rituel d'écriture c'est davantage café et chocolat.

Mots
« Ce sont mes outils principaux. Le musicien a les notes et j'ai les mots. J'essaie de les utiliser comme des notes, avec leur sens et avec leur son. »


Beauté 
« J'ai la prétention, l'ambition, d'essayer de créer de la beauté. Créer une œuvre d'art. » 
De la même manière que l'on reçoit une émotion en écoutant une musique ou en regardant un tableau, le romancier aimerait « faire vibrer » ses lecteurs.

Nostalgie et persévérance
La nostalgie et la persévérance seraient mentionnées dans le thème astral de Marcus Malte. Bien qu'il ne semble pas être un adepte de l'astrologie, il reconnaît que ces mots correspondent à son caractère et à ses textes.
« L'humain, c'est ce qui contient tous les autres mots. »
Ses romans parlent de l'homme, de l'humain.
« Ce qu'il peut faire de beau, de magnifique comme ce qu'il peut faire de terrible et d'atroce, ce qu'il peut subir aussi. L'homme est au premier plan de ce que j'écris. C'est un terreau assez riche. »

« Qu’il écrive pour les adultes ou pour les plus jeunes, Marcus Malte mérite de figurer dans le carré d’as des stylistes français. »

Claude Mesplède, Le Magazine littéraire

Bibliographie (non exhaustive) :


ROMANS

Le garçon, Zulma, 2016
Far West, In8, 2016
Fannie et Freddie, Zulma, 2014
Cannisses, In8, 2012
Mortes saisons (photos Cyrille Derouineau), Le Bec en l’air, 2012
Les harmoniques, Gallimard Série noire, 2011, Gallimard Folio Policier, 2013
La part des chiens, Zulma 2003, Gallimard Folio Policier, 2008
Poser ma besace à Besac, Aréopage, 2008
Toute la nuit devant nous, Zulma, 2008
Garden of love, Zulma, 2007, Gallimard Folio Policier, 2010
Intérieur nord, Zulma, 2005
Mon frère est parti ce matin…, Zulma, 2003, Gallimard Folio 2 €, 2012
Et tous les autres crèveront, Zulma, 2001
Le vrai con maltais, Baleine/Le Poulpe, 1999

ROMANS JEUNESSE

Appelle-moi Charlie, Sarbacane, 2011
Mon vaisseau te mènera jeudi sur un nuage, Syros, 2011
Scarrels, Syros, 2008, 2017, Syros poche, 2010
L’échelle de Glasgow, Syros, 2007
Il va venir, Syros, 2005
Cent jours avec Antoine et Toine, Seuil Jeunesse, 2000


ALBUMS ILLUSTRÉS

Tu seras ma princesse (ill. : Régis Lejonc), Sarbacane, 2017
Sous ma couverture vit une souris (ill. : Aurélie Guillerey), Sarbacane, 2014
Sous ma couverture vit un kangourou (ill. : Aurélie Guillerey), Sarbacane, 2013
Sous ma couverture vit une tortue (ill. : Aurélie Guillerey), Sarbacane, 2012
Sous ma couverture vit un ours blanc (ill. : Aurélie Guillerey), Sarbacane, 2012
La chanson de Richard Strauss (ill. : Alexandra Huard), Sarbacane, 2012
Le chapeau (ill. : Rémi Saillard), Syros, 2006


NOUVELLES (recueils collectifs)
Max Vegas / Collectif « Brèves de noir », Points Seuil, 2014
Les Cow-boys / Les petits polars du Monde, 2014
Je n’étais pas parti pour rester / Couleurs Cactus, 2013
Tamara, suite et fin / Collectif « Femmes en colère », In8, 2013
Ceci sera de l’art / Collectif « Les mystères de la Capitale », Le Bec en l’air, 2013
Les Indiens / Les petits polars du Monde, 2012
Daniel / Collectif « Les hommes en noir », Les contrebandiers, 2011
Ouvrez la cage / Collectif « Paris jour », Parigramme, 2011
Maestros y mozos / Collectif « Le frère de Pérez », Au Diable Vauvert, 2010
Zeer daarlijk voeders / Collectif « Ostende au bout de l’est », Le bec en l’air, 2009
Inoxydable / Collectif « RDV au pied de la statue », Terre de brume, 2007
La petite fille aux amulettes / Collectif « Bloody Birthday », Elb, 2007
Nina au pays des merveilles / Collectif « Petites agonies urbaines », Le bec en l’air, 2006
Des noms de fleurs / Collectif « Bleu, blanc, sang », Fleuve Noir, 2002
Le père à Francis / Collectif « Marseille, du noir dans le jaune », Autrement, 2001
Ça part du ventre / Collectif « Les 7 familles du polar », Baleine, 2000
La montée des eaux / Collectif « Ligne noire », Journal Libération, 1999
Novembre 2999 / Collectif « Agenda du Polar », Stylus, 1999
Les heures les plus sombres de ma vie / Collectif, DAL, 1998
Les étourneaux / Collectif « Douze et amères », Fleuve Noir, 1997


BANDES DESSINÉES

Les nuits de Saturne (dessins Pierre-Henry Gomont), Sarbacane, 2015
Il est mort le poète (dessins Vincent Gravé), Les enfants rouges, 2014
Le vrai con maltais (dessins Jampur Fraize), 6 pieds sous terre, 2002


PIÈCES RADIOPHONIQUES

Les cerises et les roses, France Culture, 2017
Il va revenir, France Culture, 2017
Les cow-boys, France Culture, 2014
Aimiez-vous Georges Brahms ?, France Culture, 2012
Les harmoniques, France Culture, 2011

dimanche 21 janvier 2018

Régis Lejonc : prolifique, polyvalent, autodidacte

« C'est fou la quantité et la qualité littéraire proposées à la jeunesse dans ce pays. »

Illustration inédite, La maison est en carton

Régis Lejonc est un touche-à-tout prolifique, polyvalent et autodidacte, comme il aime le rappeler. Passionné par son métier, il entretien une relation intime avec le dessin, avec l'illustration jeunesse. Coup de chance pour nous, il aime en parler ! Retour sur l'interview du 8 janvier sur les ondes de Radio Escapades et zoom sur les 10 mots qu'il a choisi pour se décrire.


Portrait en 10 mots



Kawaï
« Quelque chose de gentil, de bon et d'immédiat. »
Gentil et mignon, Régis Lejonc ? Lui, certainement... mais ses dessins ? La forêt sombre de Cœur de bois, les houles envoûtantes du Phare des sirènes, et la violence oppressante de Téhéran dans Le jardin du dedans dehors laisseraient penser le contraire... De l'autre côté, nous recevons la poésie colorée de Tu seras ma princesse avec plaisir, nous parcourons paisiblement, entre deux souvenirs et coups de rires les pages de Quelles couleurs ! et Ma voisine est amoureuse est une douce promenade qui se lit et se relit. Alors, qu'en dit-il, Régis Lejonc ? Pourquoi Kawaï ?
Tu seras ma princesse

« Ça a un côté très enfantin mais, en réalité, derrière cette notion, il y a la volonté de faire passer quelque chose de gentil, de bon et d'immédiat. C'est un style graphique qui me plaît énormément parce que c'est un équilibre de formes. J'en glisse régulièrement dans mes images même si la tonalité générale des illustrations n'est pas proprement kawaï. »


Images
« Je suis passionné par la construction de l'image mais aussi, en tant que lecteur, par toujours découvrir de nouvelles formes... »
Elles sont omniprésentes et, au lieu de les considérer comme des éléments acquis et banal de notre civilisation, Régis Lejonc se pose beaucoup de questions sur les images.


« Quand l'image est créée de toutes pièces, elle est pensée, elle est architecturée d'une certaine façon et tout ça me passionne toujours autant même si, quand j'étais enfant, évidemment, je ne le réfléchissais pas de cette manière. Les images sont très importantes dans ma vie. »

Illustration inédite, La maison est en carton
« Je pense que c'est quelque chose qu'on partage tous, quand on lit une histoire sans image ou quand on nous lit une histoire, on se formule des images mentales. Je réfléchis beaucoup à ça : ces images ne viennent pas de nulle part, c'est-à-dire que l'histoire réveille des images qui était déjà à l'intérieure de notre tête. »


Amitié
«  J'ai la chance de travailler quotidiennement avec mes amis. »
Lorsque l'on regarde attentivement la bibliographie de Régis Lejonc, on se rend bien compte que certaines collaborations reviennent régulièrement. Et c'est souvent pour notre plus grand plaisir. Ainsi, dans nos albums préférés, aux Eclats de lire, il y a bien sûr ceux que Régis Lejonc co-signe avec Henri Meunier, notre invité en 2016. Une forte amitié semble lier ces deux grands noms de la littérature jeunesse. C'est qu'ils ont longtemps travaillé dans le même atelier, à Bordeaux.





« Quand on a la chance de partager, en plus de ce qui nous unit par un sentiment de cœur, une passion commune, je trouve que c'est extrêmement nourrissant. »



Histoires
« Je pense que c'est indispensable à notre évolution personnelle, collective... les histoires nous nourrissent tous. »
Pensez à toutes les histoires qu'il a illustré ou inventé et savourez le bonheur que vous avez de ne les avoir pas toutes découvertes encore ! Pour Régis Lejonc, les histoires sont capitales à notre évolution, à notre apprentissage...

« Ça fait partie de notre nature humaine et on en a un besoin permanent, quelque soit l'âge. »
« Les histoires sont des façons de comprendre le monde, de se comprendre soi, de comprendre les autres. J'aime beaucoup ce constat de la dynamique du lecteur. C'est à dire que quand on lit on n'est pas passif du tout, quand on reçoit une histoire on la nourrit avec nos propres émotions. On la reçoit tous de manière individualisée et personnelle. C'est une richesse infinie. »
«  Je suis toujours très triste de croiser, ou de me rendre compte que des enfants ne bénéficient pas d'histoires de leur familles ou dans les conditions sociales dans lesquelles ils vivent. Ça c'est des choses qui m'attristent profondément, toujours. »


Arbres, Oiseaux et Filles 
Cœur de bois
La rue qui ne se traverse pas
« C'est ce que je préfère dessiner. »
Le petit chaperon rouge
Eh oui ! Une question que posent souvent les écoliers : « qu'est ce que vous aimez le plus dessiner ? » Au début, Régis Lejonc ne savait pas trop répondre. Aujourd'hui, sa réflexion sur le sujet a mûri et il nous le dit sans qu'on lui demande !
« Dans l'ordre ce que je préfère dessiner ce sont les filles, les oiseaux et les arbres. » (rires)
Le phare des sirènes


Joie
« C'est une quête quotidienne. »
On l'avait dit, il aime son métier ! Ce mot, joie, l’emmène dans une nouvelle ode de son travail, de la littérature jeunesse, de la médiation du livre...
Même s'il est conscient des difficultés du secteur, il s'estime chanceux car il a un métier qui lui « procure de la joie ».

« La joie de pouvoir créer et de raconter des histoires et surtout de les partager à travers les rencontres, les publics, les salons, les Eclats de lire au Vigan en étant un qui est plutôt très, très, réussi en plus. Voilà, je trouve qu'il y a quelque chose de très joyeux dans cette chaîne de la création de l'édition littéraire jeunesse et cette joie en étant actuelle, elle est bien précieuse. »

Tu seras ma princesse

Spectacle
Avec Régis Lejonc, les œuvres littéraires ne s'arrêtent pas au livre ! Ainsi, aux Eclats de lire, on vous propose deux lectures musicales dessinées avec cet illustrateur.
L'une autour de Tu seras ma princesse, le magnifique album écrit par Marcus Malte. L'autre est une co création, avec Annie Agopian, Tout (ou presque) sur les bisous volants. Cette fois-ci il s'agit d'un spectacle avant d'être un album. Une conférence douce et drôle pour expliquer aux petits les baisers qu'on envoie du bout des doigts.
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« Les bisous volants voyagent sur les courants d’air.
On ne les voit pas. On sent juste quand ils se posent.
Même invisibles, les bisous volants font tout de suite du bien.
C’est à ça qu’on les reconnaît. »

Tout (ou presque) sur les bisous volants est un texte inédit, écrit et lu par Annie Agopian. Il est illustré  par Régis Lejonc et accompagné par trois musiciens qui en ont créé la musique originale. Cette lecture  s’adressent à tous, de 4 ans à 104 ans. Elle prend la forme d’une conférence faussement sérieuse illustrée d’images colorées et de multiples jeux de transparences, et ponctuée de chansons. Catalogue fantasque de cette espèce très particulière de bisous, descriptif  joyeux et tendre de leurs us et coutumes, caractère et comportement… petits exercices d’entraînement pour mieux les envoyer… au  final vous saurez Tout (ou presque) sur les bisous volants !

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Partage 
Peter Pan
« C'est peut être le mot le plus important de la liste. Si on réfléchit bien, je trouve que les histoires, les livres, les spectacles, le métier que j'exerce, qui est d'illustrer des histoires, n'a de sens qu'à partir du moment où ces histoires seront partagées. Finalement, l'objet, qui est un livre, n'est pas autre chose que l'espace d'un partage entre les histoires inventées qui partent de la tête d'un auteur, quelque part dans le monde, et un lecteur qui va faire entrer en lui cette histoire par le biais du livre. Et cet espace de partage est extrêmement vaste. C'est fou ce qu'on peut y mettre et comment ça peut se remplir, cet espace... (…) Un livre peut arriver entre les mains de quelqu'un extrêmement éloigné de soi. »


Merci pour ces belles paroles ! 

Biographie : 

Régis Lejonc fait partie de la génération révélée par les éditions du Rouergue au début des années 90. Il a publié chez de nombreux éditeurs depuis, s'est lancé dans l'écriture de textes d'albums pour la jeunesse, dans la direction de collections et s'essaye également au graphisme de temps à autres. Régis Lejonc est un touche-à-tout, un illustrateur inclassable qui passe d'un univers graphique à un autre au gré des livres, appréciant autant l'influence de l’art nouveau, des grands peintres impressionnistes, des affichistes des années 40 et 50 que celle des kawaï japonais.

Le jardin du dedans-dehors

Le jardin du dedans-dehors



Bibliographie sélective : 

Cœur de bois
Tu seras ma princesse, texte de Marcus Malte, éd. Sarbacane, 2017
Le jardin du dedans-dehors,
Chiara Mezzalama, éd. des éléphants, 2017, prix Sorcières 2018, catégorie Carrément beau maxi
Cœur de bois, texte de Henri Meunier, éd. Notari, 2016, prix
Carrément Sorcière Fiction
Khodja, texte de Thomas Scotto, éd. Thierry Magnier, 2015

La Promesse de l'ogre, texte Rascal, éd. L'École des Loisirs, coll. Pastel, fév. 2015
La Poupée de Ting-Ting, texte de Ghislaine Roman, éd. Seuil Jeunesse, janvier 2015
L'arbre de paix
Ianos et le dragon d'étoiles, texte Jean-Jacques Fdida, éd. Didier Jeunesse, janvier 2015
Le Bestiaire fabuleux, texte Maxime Derouen, éd. Gautier-Languereau, 2013
L'Arbre de paix, texte Anne Jonas, éd. Père Castor-Flammarion, 2013
Le Lac des cygnes, adapté et raconté par Élodie Fondacci, éd. Gautier-Languereau, 2012
Le Dragon d'étoiles, conte tzigane écrit par Jean-Jacques Fdida, éd. Didier Jeunesse, 2011
Obstinément chocolat, texte Olivier Ka, éd. L'Édune, 2011
La Rue qui ne se traverse pas, texte Henri Meunier, éd. Notari, 2011, 2015
L'Arbre et l'Enfant, Jean-Luc Coudray, éd. L'Édune, 2011
Le bestiaire fabuleux
Le Petit Chaperon rouge ou La petite fille aux habits de fer blanc, Jean-Jacques Fdida, éd. Didier jeunesse, 2010
Le Golem, Anne Jonas, éd. Nathan Jeunesse, 2010
La Carotte aux étoiles, ill. Riff Reb's, d'après une histoire originale de Thierry Murat, La Gouttière, 2010 – rééd. : L'École des loisirs, coll. Mille bulles, 2014
Quelles couleurs !, éd. Thierry Magnier, 2009, 2014
Un an, un jour, images Carole Chaix, histoire Régis Lejonc, photographies Aimery Chemin, éd. Atelier du poisson soluble, 2009
U-V, Régis Lejonc, postface Henri Meunier, éd. L'Édune, 2008
Elvis, texte Régis Lejonc, ill. Christophe Alline, éd. Didier jeunesse, 2008
Le Phare des sirènes, Rascal, Didier Jeunesse, 2007
L'Oiseau et la Bille, Jean-Daniel Lainé, éd. L'Édune, 2006
Hans le balourd, Hans Christian Adersen, adaptation Alain Serres, éd. Rue du Monde, 2005
La Mer et Lui, texte Henri Meunier, éd. du Rouergue, 2004 – rééd. Notari, 2013
L’Oiseau de vérité, conte musical de Jean-Jacques Fdida, éd. Didier Jeunesse, 2004, 2010
Ma voisine est amoureuse, éd. Thierry Magnier, 2003 – rééd. Actes Sud junior, 2015
Le Cri, Henri Meunier, éd. du Rouergue, 2003
La Môme aux oiseaux, Henri Meunier, éd. du Rouergue, 2003
Helena, Ivan et les oies, Muriel Bloch, éd. Didier Jeunesse, 2002
Marabout d’ficelle, Sébastien Joanniez, éd. du Rouergue, 2002
L’Arbre qui pense, Raymond Queneau, éd. Rue du Monde, 2002
Le Fabuleux Fablier, anthologie Jean-Marie Henry, éd. Rue du Monde, 2001
Ange, Annie Agopian, éd. du Rouergue, 1998
Icare, Olivier Douzou, éd. du Rouergue, 1996 (épuisé)
Tour de manège, Olivier Douzou, éd. du Rouergue, 1995

dimanche 7 janvier 2018

Shéhérazade est fâchée... très fâchée.

En ce beau début d'année 2018, nous vous souhaitons tout d'abord tout nos voeux les meilleurs ! Que cette année soit riche en projets, en rencontres, en découvertes... Une année pleine de belles images et de merveilleuses lectures...

Des lectures pour tous, offertes à tous, à haute voix, aaah pouvoir se plonger dans une histoire les yeux fermés, ou grands ouverts sur des illustrations qui vous font voyager... Profiter d'un instant à la médiathèque, au détour d'un conte, profiter d'une fête du livre jeunesse, au détour d'une lecture dessinée, de lectures croisées...

Profiter, découvrir, aimer, faire aimer la lecture... quel plaisir c'est !

Quel plaisir c'était.

En ce début de mois de janvier l'absurdité s'est faite loi (comment ça, c'est pas un scoop ?), la lecture publique est en danger. Nous relayons ici la colère du collectif d'auteurs et de lecteurs Shéhérazade en colère !



" La lecture à haute voix de livres, en totalité ou sous forme d‘extraits, est considérée comme une “représentation”, et tombe de facto sous le coup du “droit de représentation”. Jusque-là, ce droit était géré par une société d‘auteurs, la SACD, mais depuis le 1er janvier 2016, et sans que grand monde en ait été informé, la gestion du droit de lecture est passée dans l'escarcelle de la SCELF, une société d'éditeurs.
Or, celle-ci a décidé d'appliquer à la lettre le barème de la SACD : trente euros minimum, même sans billetterie ! Y compris pour les “heures du conte”, les associations de lecteurs bénévoles, ou les auteurs lisant leurs propres textes…
Autre problème, la SCELF utilise la base de données Électre, qui ne tient pas compte des contrats qui sont derrière les livres : droits de représentation cédés ou pas à l'éditeur ? Qui va faire le tri ? L'affaire est ubuesque et contre-productive !
Alors nous, auteurs, bibliothécaires, médiathécaires, lecteurs bénévoles, simples amateurs de lecture ou parents d'enfants à qui on lit des livres, avons décidé de dire NON :
  • NON à l'usine à gaz pour les bibliothécaires qui organisent les “heures du conte”,
  • NON à ce que la lecture coûte aux bénévoles qui offrent leur voix et leur temps,
  • NON à la ponction des salons qui contribuent à la vie des livres et des auteurs,
  • NON aux prélèvements sur les auteurs eux-mêmes lorsqu'ils lisent leurs livres !
Les livres ont besoin de médiateurs, et les lectures offertes au public en font partie. Notamment les lectures faites aux enfants, à tous les enfants, pas seulement ceux qui ont la chance de lire et d'entendre lire dans leur famille : ce sont eux qui feront vivre demain la littérature !
Plusieurs collectifs d‘auteurs, dont la Charte et la SGDL, se sont rassemblés pour signer en mars une lettre pour interroger la SCELF… qui a immédiatement botté en touche en leur donnant rendez-vous à l'automne ! Une manière à peine diplomate de renvoyer les auteurs jouer avec leurs crayons, et de laisser les autres, bibliothécaires, bénévoles, se débrouiller pour payer ou se mettre hors la loi !
Nous, auteurs, sommes vigilants sur la façon dont on dispose de nos droits. Et l'un des droits de l‘auteur est justement celui de dire « non » à l'incohérence d‘une mesure qui va à l'encontre de ce pour quoi nous écrivons. La lecture offerte n'est pas un spectacle comme les autres, revoyons sa place au sein du droit de représentation !
Nous, auteurs signataires de cette pétition, demandons l'exonération de prélèvement SCELF sur les lectures à voix haute proposées dans un cadre non marchand sans billetterie.
Quant à nous, lecteurs, bénévoles, bibliothécaires, amateurs de lecture, soucieux de protéger le droit des lecteurs mais aussi celui des auteurs, nous nous félicitons de l’opposition des auteurs au prélèvement SCELF sur les lectures gratuites dans un cadre non-marchand. Et nous entendons ainsi pouvoir continuer à lire les livres qui nous réunissent.
Vive la lecture à haute voix ! Et vive ceux qui lisent ! 

6 JANV. 2018 — Nos craintes sont maintenant réalités, la SCELF a envoyé hier sa grille tarifaire 2018 où l'on apprend notamment :

- qu'une lecture de rue sera facturée 30 euros,
- qu'il faudra envoyer le programme des heures de contes 3 mois à l'avance pour approbation,
- que l'auteur pourra lire son livre gratuitement pendant un an, et un an seulement,
- et moult autres joyeusetés du même genre que vous laisse découvrir ici: http://lectures-publiques.scelf.fr/conditions-generales.html

Détail particulièrement cynique : les associations reconnues d’intérêt général se voient généreusement accorder une réduction de 5 %... Doivent-elles aussi dire merci ? Merci de faire vivre nos livres ? De les emmener là où ils n'auraient jamais été ? Là où ils n'iront certainement plus à présent ?

Shéhérazade est colère colère... Et comme le 20 janvier aura lieu la première "Nuit de la lecture", une manifestation que le Ministère de la Culture met en place pour célébrer la lecture en public (vous avez le droit de rire (jaune)), elle n'a pas l'intention de dormir ! "


Nous ne pouvons que vous inciter (très très vivement) à signer la pétition en ligne : ICI, à la diffuser, à en parler, à partager le plus largement possible !

Merci ! (et bonne année quand même ;) )


Edit : à lire, un article très bien expliqué par Cécile Roumiguière, auteure invitée aux Éclats de lire en 2017 : ICI et quand Daniel Pennac s'en mêle : ICI

Edit du 16 janvier 2018 : La pétition a recueilli plus de 26 000 signatures, mais le combat n'est pas fini, la SCELF a modifié légèrement sa trajectoire, mais les lectures publiques et gratuites dans les festivals et bibliothèques sont toujours taxées... Le 20 janvier se déroulera la Nuit de la lecture, le collectif "Shéhérazade en colère" propose à chaque participants à cette nuit, d'expliquer ce qui se passe : ICI . 
Alors continuez à signer, diffuser, partager, expliquer cette pétition, rien n'est encore gagné ! Vous pouvez suivre les mises à jours régulières et avancées du collectif sur la page de la pétition en ligne, nous en faisons également le relais via notre page facebook.

Bonnes lectures à tous ! 

mercredi 6 décembre 2017

Gilles Bachelet, l'hilarant procrastinateur

Gilles Bachelet est un illustrateur-auteur jeunesse tout à fait cultissime grâce à son humour tendre et décalé. Il a choisi 10 mots pour se décrire... que cachent-ils ?

Podcast de l'émission 


Portrait en 10 mots


Myope
« Je suis myope. Ça caractérise peut-être mon travail car on dit souvent que les myopes ont tendance à se pencher de près et à faire beaucoup de détails. »

Gilles Bachelet, Champignon Bonaparte


Champignon
« C'est une de mes passions. J'aime beaucoup les champignons. J'aime les cueillir, j'aime les cuisiner et les manger et j'aime les dessiner. »
Sur une idée de son éditeur qui voulait faire quelque chose sur le Premier Empire, Gilles Bachelet écrit un album qui s'appelle Champignon Bonaparte. Son éditeur pensait d'abord à des animaux pour illustrer les personnages. « Comme j'ai déjà fait beaucoup d'albums avec des animaux, sur le moment ça ne m'a pas emballé plus que ça. » Finalement, l'imagination de l'illustrateur a pris le relais : « En commençant à dessiner Napoléon, le chapeau m'a tout bêtement fait penser à un champignon. »

Gilles Bachelet, Champignon Bonaparte


Inachevé
« J'aime bien l'expression « un goût d'inachevé ». J'ai beaucoup de dessins inachevés parce que ce n'est pas toujours facile de finir un dessin. Il y a un moment où on se dit qu'on apportera pas plus, qu'on peut encore passer des heures dessus mais que finalement il n'évoluera plus tant que ça... j'aime bien cette idée de chose pas tout à fait finie. »

Lapin
« Ah ! Lapin ! Lapin car je dessine beaucoup de lapins. » 

Gilles Bachelet, crabouillat 


Le lapin est l'avatar que Gilles Bachelet utilise sur Facebook depuis qu'il a publié Madame le Lapin blanc, une manière, dit-il, de cacher son âge.



Avis aux lecteurs amateurs d’humour et de références parodiques ! L’illustre Gilles Bachelet s’empare d’une véritable légende de la littérature pour la jeunesse : le fameux lapin blanc d’Alice au Pays des Merveilles, cet animal pressé, obsédé par sa montre à gousset, qu’Alice tente de suivre dans son étrange voyage. Et bien, nous voilà bel et bien de l’autre côté du miroir, non pas celui d’Alice, mais celui des coulisses de ce conte. Allons y découvrir le quotidien et les tracas de Madame Le Lapin blanc, épouse incomprise du héros de Lewis Caroll.

Gilles Bachelet, L'Hôtel des voyageurs
Gilles Bachelet a une impressionnante galerie de personnages. Après le lapin ou le champignon, on trouve l'éléphant, pardon, le chat, l'autruche, la colombe et même le gant de vaisselle en caoutchouc ! En effet, l'illustrateur aime travailler avec les objets. On trouve dans un album pour adulte, L’Hôtel des voyageurs, des oreillers et des polochons.
« Ça me fascine de donner de la vie avec des objets. » 


« D'une façon générale, j'aime bien tous les animaux qui ont un côté très extrême : très gros, très long, tous ceux qui donnent du grain à moudre aux illustrateurs, qui permettent de faire des dessins amusants ou spectaculaires. »

Détail
Ses planches en regorgent et c'est un régal de les lire une fois, puis une deuxième et une troisième et de toujours découvrir un détail amusant qui nous avait échappé. « J'aime bien qu'une image ne se dévoile pas forcément à la première lecture. Ça fait partie de mon caractère de raconter des petites histoires dans les grandes histoires. »

Gilles Bachelet, Madame le Lapin Blanc

Une lecture attentive et l'intericonocité se fait très présente. Gilles Bachelet adresse des clins d’œil à ses confrères de l'éditions jeunesse (Benjamin Chaud, Janik Coat, Nadja, Beatrix Potter...) ou à l'actualité.

Jujube
« C'est un mot que j'aime bien phonétiquement » Le souvenir d'enfance d'un poème de Raymond Queneau : « Jujule/ Où as-tu mis la pâte de jujube »



Clopinette
« C'est rien, c'est trois fois rien, des p'tites choses... » s'amuse Gilles Bachelet avant de nous confier son penchant pour... la clope.

Retard et procrastination
Gilles Bachelet, Le Chevalier de Ventre-à-Terre
« C'est quelque chose qui me caractérise. Surtout la procrastination mais elle génère le retard, bien sûr. » Un grand défaut qu'il a mais qu'il « érige au rang d’œuvre d'art ».
La procrastination est donc un talent pour Gilles Bachelet. On la retrouve dans l'album Le Chevalier de Ventre-à-terre. L'histoire d'un escargot bien décidé à donner une raclée à son voisin qui a envahi son carré de fraises mais que milles péripéties vont retarder, comme embrasser sa famille ou sauver une princesse. Finalement, la journée s'achève et le combat est remis au lendemain.

Gilles Bachelet, Le Chevalier de Ventre-à-Terre

Gilles Bachelet, crabouillat 

Crabouillat

C'est un joli mot qui nous était inconnu jusqu'à ce que l'illustrateur nous explique qu'il s'agit des petits dessins qu'on fait dans le coin de la page,ou bien des esquisses. Si on suit l'illustrateur sur Facebook, on découvre des crabouillats très drôles !




Biographie

Gilles Bachelet, Mon chat le plus bête du monde 
Né le 5 août 1952 à Saint-Quentin, dans l’Aisne, Gilles Bachelet passe les premières années de son enfance près d’Oloron-Sainte-Marie, dans les Pyrénées. En 1971, il s’inscrit en Faculté d’arts plastiques à Paris tout en préparant le concours de l'Ecole nationale des arts décoratifs. Il y passera cinq ans avec une parenthèse de quelques mois en tant que directeur artistique dans un bureau d’études à Téhéran. À partir de 1977, il commence à démarcher la presse, il quitte les Arts Déco (sans diplôme) pour le monde du travail. Depuis, il exerce la profession d’illustrateur indépendant pour la presse, l’édition et la publicité. Il collabore à de nombreux magazines et illustre des ouvrages chez différents éditeurs comme Le Seuil, Nathan, Hachette, Presses de la Cité, Harlin Quist. Depuis 2001, il enseigne l’illustration et les techniques d’édition à l’École supérieure d'art de Cambrai et réalise des albums.


Bibliographie (non exhaustive) 


Ice Dream, Crapule Productions, 1984
Le singe à Buffon, Seuil Jeunesse, 2002 Grand prix jeunesse de la Société des gens de lettres
Mon chat le plus bête du monde, Seuil Jeunesse, 2004 Prix Baobab salon du livre et de la presse jeunesse Montreuil
Champignon Bonaparte, Seuil Jeunesse, 2005 Hôtel des voyageurs, Seuil Jeunesse, 2005
Quand mon chat était petit, Seuil Jeunesse, 2007
Il n'y a pas d'autruches dans les contes de fées, Seuil Jeunesse, 2008
Des nouvelles de mon chat, Seuil Jeunesse, 2009
Madame Le Lapin Blanc, Seuil Jeunesse, 2012 Pépite de l'album salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil (anciennement Prix Baobab)
Les coulisses du livre jeunesse, Atelier du poisson soluble, 2015
Le Chevalier de Ventre-à-Terre, Seuil Jeunesse Prix Andersen (Italie) en 2016
Une histoire qui... , Seuil Jeunesse, 2016
La paix, les colombes, Clothilde Delacroix, Actes Sud, 2016
Une histoire d'amour, Seuil Jeunesse, 2017




mercredi 22 novembre 2017

Cathy Ytak, la joyeuse intranquille

Cathy Ytak est la première à être passée sur les ondes de Radio Escapades cette année. Elle a répondu aux questions de Julie.

Podcast de l'émission 


Portrait en 10 mots


Intranquille Cathy Ytak, qui mène une vie de baroudeuse. Elle a visité le Brésil, elle est amoureuse de sa Bretagne d'adoption, passionnée par la Catalogne, se souvient de l'est de la France où elle a grandit... Dans sa vie active, elle a touché à beaucoup de choses : musique, dessin, photo, radio, édition, traduction, écriture, bien sûr, ou encore cuisine... Eh oui ! Cathy Ytak nous fait voyager dans ses livres mais nous apprends aussi à faire un bon pain maison, ou des yaourts !



Calme ? Cathy Ytak ? Il en faut certainement lorsqu'on écrit des livres. S’absoudre du monde extérieur pour créer une histoire qui s'en inspire...
Calme aussi lorsqu'elle lit ses textes et de ceux des autres lors des lectures publiques qu'elle affectionne.

Joyeuse... Eh oui ! L'auteure « ouvre les portes » dans ses écrits car même si ses sujets d'écritures sont sombres, ses histoires se terminent bien ! Ses héros trouvent la joie de vivre, parfois là où on ne l'attends pas, dans une rencontre, dans la musique, dans l'engagement... Et, surtout, les adolescents qu'elle écrit rient ! Cathy retranscrit les fous rires, les blagues idiotes et lutte pour la défense des nains de jardin ! (Cf. D'un trait de fusain)



La mer, parfois calme, parfois intranquille, Cathy Ytak l'observe quotidiennement, se berce de ses fracas et insère ses paysages dans ses romans. C'est à Saint-Malo, en Bretagne, qu'on l'appelle pour l'émission. Un paysage à retrouver dans D'un trait de fusain. La ville se fait tour à tour joyeuse ou intranquille, suivant le rythme des personnagesLa mer revient beaucoup dans l'oeuvre de Cathy Ytak mais non trouve aussi des lacs, des rivières. L'eau s'écoule, elle nettoie, elle apaise, elle protège... 

La musique a toujours eu sa place dans la vie de Cathy Ytak. Dans sa famille, chacun joue d'un instrument, elle-même a joué de la harpe celtique... dont on retrouve la pratique et l'histoire dans Le Retour de la demoiselle. Omniprésente, la musique se retrouve aussi dans les remous de la mer, le cri des goélands, le vent et la voix humaine.



Utopie, « c'est un joli mot ! » qui résonne avec l'actualité bretonne de Cathy Ytak. Et l'auteure de nous parler, avec des étoiles dans la voix, du radeau utopique, un groupement d'architectes, d'ingénieurs, de scientifiques et d'artistes à la recherche de la « société idéale » de Moore en traversant l'Ille-et-Vilaine et les Côtes-d’Armor sur un radeau. Cathy Ytak a participé au livre qui a découlé de cette expérience.
Radeau utopique


Douceur et bienveillance de la part de Caty dont la voix douce apaise, il faut l'entendre nous parler, à la radio ! Même si c'était la première émission, même si une interview téléphonique pose les difficultés de la distance, l'absence de regard, Cathy réconforte, annihile le stress.

Chocolat... y a-t-il vraiment besoin d'expliquer le choix du chocolat ? Si oui, vous pouvez simplement vous replonger dans l'ouvrage d'Olivier Ka et Régis Lejonc... Obstinément chocolat.

Décroissance : Les mains dans la terre, publié aux éditions du Muscadier, nous en parle, de cette décroissance. Une jeune homme va rompre avec la cellule familiale, traditionnelle, conservatrice, capitaliste. Il refuse le modèle économique de ses parents pour découvrir la terre. La province l'accueille, ainsi qu'un (jeune et beau, bien sûr) potier. Son mode de vie se transforme radicalement et le héros entre en accord avec ses convictions.



Mots : « je ne pouvais pas faire l'impasse là dessus. C'est ce qui me fait bouger. C'est indispensable à ma vie. C'est mon outil pour partager les choses qui m’énervent, qui me mettent en colère, les choses de l'ordre de l'intranquillité ou de la douceur. Je crois que c'est ce qui me défini le mieux. »

Site de l'auteure
Blog de l'auteure


Biographie

Cathy Ytak est née en juin 1962 à Montreuil sous bois. Elle suit des études de graphisme et de reliure artisanale à Paris, à l’École Estienne, avant de partir au Brésil, dans le Sertão, participer à l’élaboration de matériel pédagogique graphique pour une école rurale.
De retour en France, elle multiplie les petits boulots. Dès 1985, elle devient animatrice bénévole dans des radios libres (Radio libertaire et Ràdio País) (émissions littéraires et musicales). Elle se dirige ensuite vers le journalisme professionnel et la presse écrite. Dans le même temps, elle entreprend des études de langue au Centre d’Études Catalanes. Elle travaille pendant deux ans comme attachée de presse pour les Éditions Encrage, basées à Amiens, avant de devenir lectrice pour les éditions Denoël de 1996 à 1998, sous la direction de Jacques Chambon, puis de Serge Brussolo. Elle débute dans la traduction du catalan en 1995, pour les Éditions Métailié.
Son premier roman Place au soleil est publié en 1999 aux éditions du Seuil, sous la direction de Claude Gutman. Aujourd’hui, elle écrit des romans (aussi bien pour les enfants que pour les ados et les adultes), des guides pratiques (cuisine), et traduit de la littérature contemporaine catalane. Elle participe à des lectures publiques et des salons du livre, et anime régulièrement des rencontres et ateliers d’écriture.


Bibliographie (non exhaustive) 

D'un trait de fusain, éd. Talents Hauts, collection « Les Héroiques », 2017.
Tu vois on pense à toi !, roman jeunesse, éd. Syros collection « Tempo », 2017.
Ça change tout !, album, illust. Daniela Tieni, L’atelier du Poisson soluble, 2017.
Zélie et moi / Moi et ma bande (Thomas Scotto), éditions du Rouergue, 2017.
Vivre libre, collectif, éditions du Pourquoi pas ? , 2016.
Les Mains dans la terre, éditions du Muscadier, 2016.
Le monde à l’envers, éditions Cornelsen Verlag, coll. « bibliothèque junior », 2015.
La Seule Façon de te parler, éditions Nathan, coll. « Mes années collège », 2015.
Pas couché, éditions Actes Sud junior, coll « D’une seule voix », 2014.
Rien que ta peau, Actes Sud junior, coll « D’une seule voix », 2014 (nouvelle édition).
Livraison d’amoureux à domicile, éditions Syros, collection mini-Syros roman, 2014.
Le garçon des rives  / Le garçon d’écume (Thomas Scotto), éditions du Rouergue, collection
« Boomerang », 2013.
Le Retour de la demoiselle, éditions L’École des Loisirs, 2011.
Il se peut qu’on s’évade, roman ados/adultes, photographies de Gérard Rondeau, éditions Thierry Magnier, collection « Photoroman », 2011.
Petits ruisseaux, album, illustration Vincent Mathy, éditions Sarbacane, 2011.
50 minutes avec toi, éd. Actes Sud junior, coll « D’une seule voix », 2010.
Les aventures du livre de géographie qui voulait voyager avant de s’endormir, théâtre pour enfants, éditions Syros, 2010.